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Speech at 2003 Forum
discours - 2003
Portugese

Report to FCM
(francais)

NNCCIC

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Les coûts supplémentaires associés à un processus de consultation d’une durée de dix mois valent-ils la peine?

Le personnel met de toute façon environ dix mois à élaborer le budget annuel; les coûts seraient donc sensiblement les mêmes à ce chapitre. Le conseil et les comités disposent de la même période pour étudier le budget dans le contexte du modèle participatif. Les coûts additionnels seraient principalement associés à l’impression des documents et à l’organisation des assemblées publiques, ce qui nécessiterait une augmentation des effectifs municipaux. Je n’ai pas réussi à obtenir de données sur cet élément, mais je présume que ces dépenses s’établiraient au moins à quelques millions de dollars.

Quelques millions de dollars valent-ils la peine? Qu’en coûte-t-il pour réaliser des projets municipaux dont personne ne veut et qui sont amèrement critiqués par les résidents qui voient l’administration municipale dépenser frivolement les fruits de leur labeur? Voici quelques exemples de situations observées à Ottawa.

À Ottawa, il est parfaitement clair que tous les quartiers du centre-ville désirent voir la modernisation et l’expansion de leurs petits centres récréatifs et communautaires. Ils ne souhaitent pas de vastes « complexes récréatifs » accessibles uniquement en auto. Dans le contexte du processus budgétaire actuel, les citoyens d’Ottawa n’arrivent pas à convaincre le personnel d’Ottawa, pas plus que le Conseil d’ailleurs, de construire des centres communautaires de moins grande envergure, ce qui crée un conflit depuis dix ans entre les résidents et l’administration municipale. Les résidents organisent des collectes de fonds, des protestations, des marches, des ventes de pâtisseries, des réceptions et autres pour amener la Ville à réinvestir dans une infrastructure récréative de quartier. De son côté, la Ville continue de demander à des consultants d’effectuer des études sur les loisirs visant à démontrer aux citoyens que ce qu’ils souhaitent n’est ni efficace ni raisonnable, et que ce qu’ils veulent vraiment, c’est un vaste complexe polyvalent moderne, doté de plusieurs patinoires, d’une piscine, d’une bibliothèque, d’un centre administratif et d’un stationnement pratique.

Cette démarche a donné lieu à un énorme gaspillage d’argent et de temps et freiné le réinvestissement dans les centres communautaires et récréatifs du centre-ville. Dans le contexte d’une approche participative, ce type de problème disparaît tout simplement, car la planification devient partie intégrante du processus budgétaire. De fait, le personnel et les résidents parviennent à une entente sur la planification et la répartition des fonds, car le processus est conçu pour favoriser le consensus plutôt que d’être enchâssé dans l’opposition.

Voici un autre exemple particulier. Dans le cadre du dernier processus budgétaire à Ottawa, le projet de reconstruction de la rue Bank a été abandonné pour permettre de réaliser des économies. Lorsque j’ai demandé au personnel d’expliquer cette décision, on m’a répondu - bien raisonnablement - que compte tenu des fonds limités dont nous disposons, la rue Bank n’était pas aussi abîmée que d’autres tronçons de routes de la ville. Je ne doute pas que le personnel a pris la bonne décision d’après l’évaluation technique de l’état des routes, des égouts, des canalisations d’eau, etc.

Mais cette évaluation n’a pas tenu compte de l’impact social et économique sur les collectivités environnantes qu’aura l’abandon du projet de reconstruction, car cet aspect échappait au mandat confié. L’abandon de ce projet aura un impact social et économique énorme, car la rue Bank est une artère principale où l’on trouve plus de cinquante magasins, des entreprises et des maisons. La collectivité et les entreprises de la rue Bank se préparaient depuis trois ans à l’interruption de leurs activités qui était prévue à l’été en raison des travaux qui devaient avoir lieu. Les gens avaient remis à plus tard certains investissements, de manière à les synchroniser avec la reconstruction de la rue. La décision de reporter la reconstruction de la rue Bank aura un impact énorme sur la collectivité.

D’autre part, la rue qu’on a jugée plus endommagée ne compte aucun commerce et bien peu de résidents; reporter à plus tard sa reconstruction signifie qu’on y aurait apporté quelques réparations durant l’été : cela aurait été l’impact net. Un processus d’élaboration budgétaire participative est suffisamment inclusif pour permettre de relever ces situations à la fois à l’échelon local et municipal et de prendre des décisions différentes, puisque les considérations sont plus nombreuses.

Enfin, dans la perspective de la ville entière, quel effet aura la décision de continuer d’investir 80 pour cent du budget du transport dans le réseau routier, alors que la majorité des résidents préfère les bienfaits environnementaux, communautaires et salutaires qui découleraient de l’investissement de ce budget dans le transport en commun?

 

Conclusion et recommandation :

J’ai été particulièrement impressionné par le processus d’élaboration budgétaire participative et recommande au Comité de l’infrastructure sociale de prévoir la participation d’un urbaniste connaissant le système de Porto Alegre au programme d’ateliers de la FCM. Plus précisément, je recommande à cette fin la nomination de Claudia Macondis, une urbaniste qui a travaillé à Porto Alegre et qui vit actuellement à Ottawa. (Elle a communiqué avec mon bureau après mon retour du Brésil.) À l’heure actuelle, je recommande la désignation d’une personne comme Claudia plutôt qu’un politicien, car j’ai discuté avec le maire et il m’a indiqué que lui-même et son conseil avaient déjà un engagement au Brésil durant nos séances de la FCM. De même, il faut songer au problème de langue et à la nécessité d’utiliser un interprète. Si tout se déroule bien à la prochaine assemblée annuelle, je recommanderais de faire venir quelqu’un directement de Porto Alegre. On pourrait même envisager un groupe réunissant un urbaniste, un citoyen et un politicien.

 

Deuxième partie du rapport

Les Villes pour l’inclusion sociale

Il n’y a eu à peu près aucune couverture médiatique sur le IIe Forum social mondial, le IIe Forum parlementaire et la IIe Conférence des administrations locales sur l’inclusion sociale, qui se déroulaient presque simultanément, à Porto Alegre, durant les deux premières semaines de février. La Conférence des administrations locales a eu lieu au cours des trois jours qui ont précédé le Forum social mondial, et le Forum parlementaire avait lieu au même endroit et au même moment.

Il m’est très difficile de traduire l’intérêt et l’enthousiasme générés par ces trois conférences en raison de l’absence de couverture médiatique dans la presse nord-américaine. On croirait que ces rencontres n’ont pas eu lieu. Naomi Klein a rédigé quelques articles dans le Globe and Mail à propos du Forum social mondial, mais rien n’a été écrit nulle part au sujet de la Conférence des administrations locales pour l’inclusion sociale, sauf à Ottawa où les stations de radio et les journaux locaux en ont parlé un peu parce que j’ai participé à ces conférences.

J’aimerais vous faire part de quelques statistiques brutes qui reflètent l’ampleur et la portée de cette série de conférences, ainsi que l’importance du fossé qui existe entre l’Amérique du Nord et le Royaume-Uni et le reste du monde. Quelque 1 000 délégués et observateurs étaient présents à la Conférence des administrations municipales sur l’inclusion sociale, renommée Les Villes pour l’inclusion sociale à l’issue de l’événement. De ce nombre, on comptait quatre ministres influents du gouvernement français ainsi que trois candidats aux présidentielles. Étaient aussi présents les maires de Buenos Aires, Rome, Paris, São Paulo, Bruxelles, Cartagène, Turin, Budapest, São Luís, Recife, Maputo, Genève, Gênes, La Havane, Barcelone, Montevideo et Phnom Penh.

Ceci vous donnera une meilleure idée de l’ampleur et de la portée de l’événement. Ces maires et conseillers municipaux ont discuté de problèmes mondiaux et de problèmes locaux : le réchauffement de la planète, les disparités entre le Nord et le Sud, la pauvreté dans les villes et la difficulté de mettre équitablement à la portée de tous les résidents les possibilités offertes par les villes et, par-dessus tout, l’importance de forger des liens entre les administrations municipales afin de s’attaquer ensemble aux problèmes plutôt que de le faire isolément. Et croyez-moi, j’ai été saisi par les paroles du maire de Genève qui relatait avoir appelé le Président Bush durant la crise terroriste pour lui dire que la situation touchait non seulement les États-Unis, mais la planète tout entière.

Et j’ai été absolument ravi d’entendre les maires de villes côtières comme Gênes dire que le Protocole de Kyoto doit être ratifié.

Je ne prétends pas avoir énormément d’expérience à titre de conseiller municipal; je n’en suis qu’à mon second mandat. Je peux vous affirmer, toutefois, que j’ai été profondément touché par les propos des maires et conseillers de partout dans le monde qui décrivaient les mêmes problèmes que ceux auxquels je suis confronté au sein du Conseil municipal et soulignais la nécessité de trouver des solutions communes. Et si vous croyez que je suis dramatique, songez qu’Ottawa compte deux fois plus d’itinérants que Vancouver et qu’en cinq ans, les alertes à la pollution sont passées de zéro à 18 en autant de jours consécutifs l’été dernier. À Ottawa, l’asthme est la première cause d’admission des enfants à l’hôpital.

La taille du fossé qui ne cesse de se creuser entre l’Amérique du Nord, le R.-U. et le reste du monde se mesure au nombre limité de conseillers municipaux nord-américains présents au Forum : il n’y en avait que trois, tous étaient du Canada et tous étaient francophones.

Je recommande que nous participions au IIIe Forum des villes pour l’inclusion sociale, l’an prochain.

Je vous remercie, Monsieur, de votre bonne attention, et je vous prie d’agréer mes salutations sincères.

 

Clive Doucet

Conseiller municipal, quartier Capitale, Ottawa

P.S. : Je vous enverrai par la poste une publication traitant du processus d’élaboration budgétaire participative qui a été traduite en plusieurs langues. Le document est très technique et j’ignore s’il vous sera utile, mais il vous donnera néanmoins une idée de la portée de l’intérêt à l’égard de ce type de processus. Les autres documents sont rédigés en portugais.

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